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Il ne se passe pas grand-chose, en apparence.
Pas de discours alarmant. Seulement une procédure qui change. Un formulaire à remplir là où il y en avait pas. Une case à cocher. Une autorisation à obtenur.
Et pourtant, quelque chose a changé.
Ce qui s'est passé en 2021
Pendant des années, les familles qui voulaient instruire leurs enfants à la maison avaient une seule obligation : le déclarer. Elles informaient les autorités, et elles faisaient leur choix.
Librement.
Depuis la loi du 24 août 2021, ce n'est plus le cas.
Aujourd'hui, ces mêmes familles doivent déposer une demande d'autorisation. Démontrer que leur situation correspond à des critères définis par l'administration. Attendre une répondre. Et si cette réponse est négative, elle ne peuvent pas commencer.
Même liberté, en théorie. Mais une liberté qu'on ne peut plus exercer sans avoir demandé la permission d'abord.
Vous voyez la nuance ?
Ce que le droit dit là-dessus
La liberté d'enseignement, en France, est un principal fondamental. Elle est reconnue par le Conseil constitutionnel depuis 1977, ancrée dans la Constitution, et elle inclut le droit d'instruire ses enfants hors de l'école.
Elle n'a pas disparu.
Mais le Conseil constitutionnel est clair sur un point : quand l'État encadre une liberté, il doit le faire de manière proportionnée. Les restrictions doivent être justifiées, et elles ne doivent pas rendre l'exercice de cette liberté si compliqué qu'il devient, en pratique, inaccessible.
La Cour européenne des droits de l'Homme va dans le même sens : toutes limitation doit être nécessaire dans une société démocratique. Pas juste pratique pour l'administration .
Nécessaire.
C'est là que la question devient intéressante.
Avant et après : ce qui a vraiment changé
Avant 2021, le principe était simple : vous étiez libre d'agir, et l'État vérifiait ensuite que tout se passait correctement. Si quelque chose clochait, il intervenait. Mais l'initiative vous appartenait.
Aujourd'hui, c'est l'inverse.
C'est vous qui devez prouver, en amont, que vous méritez d'exercer ce choix. C'est l'administration qui décide si vous pouvez commencer. Et dans l'intervalle, vous attendez.
Ce n'est pas une question de paperasse. C'est une question de qui a le pouvoir de décider.
Pourquoi ça nous concerne tous ?
L'instruction en famille est un exemple. Mais ce mécanime : passer d'une liberté qu'on exerce à une permission qu'on sollicite ne s'arrête pas là.
On la retrouve dans d'autres domaines. Souvent pour des bonnes raisons, au moins en apparence. La sécurité. La cohésion. La protection.
Le problème, ce n'est pas l'encadrement en lui-même. Le problème, c'est quand cet encadrement s'accumule, se normalise, et qu'on finit par ne plus le voir.
Parce que les libertés ne disparaissent pas brutalement. Elles s'effacent parfois par petites touches : une procédure ajoutée ici, un critère supplémentaire là, jusqu'au jour où ce qui était un droit est devenu une faveur qu'on accorde.
La question qu'il faut se poser
À partir de quand une liberté encadrée cesse-t-elle d'en être une ?
Le droit ne répond pas à cette question à votre place. Mais il pose une limite claire : l'encadrement ne doit pas être excessif. Il ne doit pas vider la liberté de sa réalité concrète.
Comprendre ça, ce n'est pas réservé aux juristes.
C'est comprendre comment fonctionne le monde dans lequel vous vivez.